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Réunionite : pourquoi la Gen Z rejette vos réunions

On l’appelle la réunionite : cette tendance, très installée dans les organisations, à multiplier les réunions à tout propos — points d’équipe, comités, suivis, debriefs — jusqu’à en faire un réflexe plutôt qu’un outil. Le mot est un peu moqueur, mais le phénomène est réel, et il rencontre depuis peu une résistance inédite. Une génération arrive sur le marché du travail et refuse d’entrer dans le jeu : la génération Z.

Ainsi, les différentes générations ne mettent pas la même chose derrière le mot « réunion » et cela crée de nombreux malentendus au travail. Pour un Boomer ou un Gen X, la réunion est souvent le lieu du travail : le moment où l’on existe, où l’on est vu, où les décisions se prennent à voix haute. Pour un Gen Z, c’est plutôt l’interruption du travail : son vrai travail, c’est ce qu’il produit dans ses plages de concentration, et la réunion ne s’y ajoute pas mais le coupe en deux.

Il est donc seulement question d’une autre conception du temps. La Gen Z, qui privilégie l’efficacité immédiate, ne supporte pas de passer une heure sur un sujet qui se réglait en trente secondes, ou en un simple message sur Teams. Et ces réunions sont vécues comme un manque de respect pour son temps.

Pourquoi ils détestent vos réunions

Derrière le rejet de la GenZ, trois raisons reviennent systématiquement :

L’absence d’ordre du jour 
La Gen Z déteste l’improvisation. Une réunion sans objectif clair, c’est une réunion sans « pourquoi ». Et s’ils ne voient pas le why, ils décrochent. Parce qu’une réunion qui ne sait pas où elle va leur semble, par définition, une perte de temps annoncée.

La passivité 
Rester assis à écouter quelqu’un lire son PowerPoint à voix haute relève, pour eux, de la torture cognitive. C’est une génération élevée à l’interactivité et à la stimulation constante (TikTok, Instagram, gaming, formats courts…). La posture du spectateur, immobile pendant quarante-cinq minutes, va fondamentalement contre leur manière d’apprendre et de traiter l’information.

Le coût d’opportunité 
Une réunion dont le bénéfice collectif n’est pas démontré apparaît comme une perte. Ils ont une conscience aiguë de l’énergie qu’ils dépensent. Pendant qu’ils sont en réunion, ils savent précisément ce qu’ils ne font pas : leurs dossiers n’avancent pas et leurs deadlines, elles, continuent d’avancer. Chaque réunion non essentielle est donc automatiquement un arbitrage perdant.

Ces trois reproches ne disent pas « je refuse de me réunir ». Ils disent « cette réunion-là n’a pas justifié qu’on s’y trouve ».

Le passage de l’Asynchrone au Synchrone

Pour comprendre le contraste, il faut nommer la différence fondamentale entre deux façons de communiquer.

L’asynchrone — Teams, Notion, e-mail, WhatsApp, commentaires sur un document partagé — permet de traiter l’information au moment où l’on est le plus productif. Chacun lit, répond et contribue à son rythme, sans bloquer le rythme des autres. C’est le royaume naturel de la Gen Z.

Le synchrone — la réunion, l’appel, le présentiel — exige que tout le monde soit disponible au même instant. C’est une ressource rare et coûteuse. Elle devrait donc être réservée à ce qu’elle seule sait faire : la prise de décision complexe, le brainstorming créatif, et le lien social.

La règle est simple. Si l’objectif est uniquement de transmettre une information, ce n’est pas un sujet de réunion : c’est un e-mail ou un message court. On ne réunit pas dix personnes pendant une heure pour dire ce qui tient en cinq lignes.

Les solutions : comment réconcilier tout le monde

Réduire la réunionite demande simplement de tenir quelques règles simples dans la durée :

Pas d’ordre du jour, pas de réunion. C’est le principe non négociable. Une réunion convoquée sans objectif explicite ennuie tout le monde et n’aboutit à rien. Si l’organisateur ne sait pas formuler ce qu’il attend de la réunion, c’est qu’il n’a pas besoin de réunion.

Le format court par défaut : 15 minutes maximum. Une réunion de quinze minutes, debout lorsque le sujet s’y prête, concentre l’échange au lieu de le laisser se diluer.

Le « droit de retrait ». Une personne qui constate qu’elle n’apporte rien à la discussion en cours peut le signaler et se retirer, sans que ce soit lu comme un désengagement.

Ce droit n’a de sens qu’à une condition : que la réunion serve réellement à décider en collectif et à partager des informations importantes — et qu’elle soit systématiquement suivie d’un compte-rendu envoyé à tous, y compris à ceux qui sont partis. Personne ne « rate » alors quoi que ce soit.

Une nuance, en sens inverse : si quelqu’un demande à partir mais que le manager préfère le garder parce qu’il a quelque chose à lui expliquer rapidement, en direct et de vive voix, c’est parfaitement légitime. Le droit de retrait est un outil contre les réunions « blabla », pas contre les échanges utiles, et ne représente pas un droit de fuite.

Vers un management à l’impact

Réduire la réunionite n’est donc pas une concession faite à une génération pressée. C’est une manière de redonner de la valeur au collectif et à la présence simultanée, en la réservant aux moments où elle compte véritablement. L’organisation y gagne autant que ses recrues les plus jeunes : moins de réunions subies, et davantage de temps rendu au travail et à la décision.

Ce que la génération Z met en lumière, au fond, c’est une exigence que beaucoup partagent, celle d’un temps collectif qui ait un sens. La question n’est donc pas « comment faire accepter nos réunions aux plus jeunes ? », mais « nos réunions méritent-elles, chacune, le temps qu’elles coûtent ? ».


Repenser ses réunions suppose surtout de revoir sa posture managériale et la manière dont on fait travailler ensemble des générations aux codes différents. C’est l’objet de notre formation « Mieux communiquer avec la génération Z », conçue pour les managers qui souhaitent ajuster leur cadre de travail et leur communication aux attentes de leurs équipes.

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